L'UGC authentique est produit spontanément par un client réel, sans contrepartie ; l'UGC simulé est commandé à un créateur payé, briefé et scripté pour ressembler à du spontané. Les deux sont légitimes, mais ils n'achètent pas la même chose : le premier achète de la preuve, le second achète du volume et des droits. En France depuis janvier 2026, seul le second impose un contrat écrit et, s'il est diffusé par le créateur lui-même, une mention « Publicité ». Entre ces deux extrêmes, il existe trois crans intermédiaires que presque personne ne nomme. C'est eux qui décident de votre coût par vidéo.
Quand un directeur e-commerce nous demande « on veut du vrai UGC, pas du faux », on commence toujours par la même question : vous voulez combien de vidéos par mois ? Si la réponse dépasse cinq, le débat est clos. Le vrai UGC spontané ne scale pas. Il n'a jamais scalé. Ce que le marché appelle « UGC » depuis 2023 est, dans son écrasante majorité, une prestation de production audiovisuelle vendue par des créateurs indépendants, avec brief, script, deadline et facture. Ce n'est pas un scandale. C'est juste une autre marchandise, qu'il faut acheter en connaissance de cause.
Qu'est-ce que veut dire UGC, et pourquoi le mot ne veut plus rien dire en 2026 ?
UGC signifie « User Generated Content », contenu généré par les utilisateurs : à l'origine, tout contenu créé par une personne qui n'est pas la marque et qui n'est pas payée pour ça. Avis Amazon, photo Instagram d'un plat, déballage posté par un client. Le terme vient du web 2.0, pas de la publicité. Il désigne un phénomène de production, pas un format de vidéo.
Ce qui s'est passé entre 2021 et 2026, c'est un glissement de sens complet. Aujourd'hui, quand une marque dit « je veux de l'UGC », elle ne veut pas dire « je veux que mes clients produisent du contenus spontanément ». Elle veut dire : « je veux une vidéo verticale filmée au smartphone, en lumière naturelle, avec une personne qui parle face caméra et qui n'a pas l'air d'être dans une pub ». UGC est devenu un style visuel. Un cahier des charges esthétique. On achète un look, pas une origine.
Petite désambiguïsation au passage, parce que Google mélange les deux : UGC renvoie aussi, en France, à l'Union Générale Cinématographique, le groupe de salles de cinéma. Aucun rapport. Si vous cherchez des horaires de séance, vous êtes sur le mauvais article.
Le problème de ce glissement n'est pas sémantique, il est commercial. Un acheteur qui croit acheter de l'authenticité et qui reçoit une prestation briefée a payé un prix sans comprendre la marchandise. Et un acheteur qui refuse par principe la prestation briefée se condamne à trois vidéos par trimestre. Les deux se trompent, pour des raisons inverses.
UGC authentique ou simulé : où passe exactement la frontière ?
Il n'y a pas deux camps, il y a un curseur à cinq crans, et la frontière entre « authentique » et « simulé » passe là où apparaît la contrepartie. Dès qu'il y a une contrepartie — argent, produit offert, remise, participation à un tirage — vous changez de régime : juridique, économique et narratif. Le contenu reste potentiellement excellent. Il n'est simplement plus spontané.
Nous raisonnons en interne sur cinq degrés. C'est la grille qu'on sort en réunion de cadrage, avant même de parler budget, parce qu'elle règle 80 % des malentendus.
| Degré | Qui parle | Contrôle du message | Coût unitaire 2026 (€ HT) | Volume mensuel atteignable | Droits détenus par défaut |
|---|
| 1 — Spontané | Client réel, sans contrepartie | Nul | 0 € (coût de collecte et de tri) | 1 à 3 | Aucun |
| 2 — Sollicité | Client incité (dotation, relance) | Faible | Valeur du produit offert + opération | 5 à 10 | À faire signer au cas par cas |
| 3 — Commandé | Créateur UGC payé et briefé | Élevé | 74 à 350 € selon Roads.social (2026) | 20 à 60 | Ceux inscrits au contrat, durée limitée |
| 4 — Staged | Comédien, script écrit, tournage encadré | Total | 400 à 1 500 € (observations marché FR) | 10 à 30 | Pleins, cession négociée |
| 5 — Synthétique | Personne (avatar, voix IA) | Total | Quelques euros, coût marginal | Illimité | Dépend des CGU de l'outil |
Les fourchettes des degrés 4 et 5 viennent de nos devis et de ce qu'on voit passer sur le marché français, pas d'une étude publiée — traitez-les comme un ordre de grandeur, pas comme un barème. Pour le détail de ce que vous payez vraiment quand vous achetez une cession de droits, on a fait l'exercice ligne par ligne dans le détail des droits d'usage et de leur coût.
Ce que chaque degré achète réellement
Le degré 1 achète de la preuve. Rien d'autre. Une capture d'avis client posée sur une fiche produit ou une story cliente republiée vaut parce qu'elle est invérifiable autrement : personne n'a de raison de douter d'un inconnu qui n'a rien à y gagner. C'est le registre de la preuve sociale, et il obéit à ses propres règles — on a détaillé les 6 porteurs de preuve et leur hiérarchie de crédibilité dans un article dédié.
Le degré 3 achète autre chose : du débit et des droits. Vous commandez 30 vidéos, vous les recevez en 10 jours, vous pouvez les pousser en paid sur Meta et TikTok sans rien demander à personne. L'authenticité y est une convention de mise en scène, au même titre que le plan-séquence au cinéma. Elle est fabriquée, assumée, et elle marche parce que l'audience accepte la convention — tant qu'elle n'est pas prise en flagrant délit de mensonge.
Le piège est de croire qu'on peut acheter de la preuve au degré 3. Non. Un créateur payé qui dit « ce produit a changé ma vie » ne prouve rien du tout. Il raconte. Si votre problème est un déficit de confiance — produit cher, marque inconnue, catégorie à arnaques — le degré 3 ne le règlera pas, quel que soit le budget. Il vous faut du degré 1 ou 2, même en petite quantité, même moche.
Degré 3 : tournage chez le créateur, smartphone sur trépied, lumière de fenêtre. Le décor domestique fait partie du cahier des charges.
Comment reconnaître un UGC simulé en 8 signaux ?
Un UGC commandé se repère à ses marqueurs de production, pas à son contenu : ce sont les gestes techniques qu'une personne seule, non payée, n'a aucune raison de faire. Voici ceux que nous vérifions quand on audite les créatives d'un nouveau client — et, soyons honnêtes, ceux qu'on surveille dans nos propres livrables pour ne pas franchir la ligne.
- La lumière est trop propre. Un vrai client filme à 21 h sous un plafonnier jaune. Un créateur pro cherche la fenêtre, met un réflecteur ou une mini-LED. Teint homogène, pas d'ombre dure sous le nez : c'est éclairé.
- Il y a du B-roll impossible à filmer seul. Le plan de la main qui verse le produit, filmé en contre-plongée pendant que la personne parle. Soit il y a une deuxième personne, soit c'est tourné en deux fois. Un client spontané ne fait ni l'un ni l'autre.
- Le compte n'a pas d'historique. Trois posts, tous pour des marques différentes, créés dans les six derniers mois. Profil de créateur, pas de consommateur.
- Le montage est calibré. Des cuts toutes les 2 à 3 secondes, un hook à la première demi-seconde, des sous-titres animés synchronisés au mot. Selon Moggo (2026), ce rythme est devenu le standard sur TikTok et Reels — ce qui en fait justement un marqueur de production professionnelle, pas de spontanéité.
- Il y a un packshot final. Logo, nom du produit, URL. Aucun client ne finit sa vidéo par le logo de la marque.
- La voix off est recalée. Les lèvres ne collent pas tout à fait, le niveau sonore est constant alors que le plan change de pièce. Signature d'un montage multi-prises.
- Le cadre est raccord d'un plan à l'autre. Même distance, même axe, même hauteur après un cut. Ça veut dire trépied. Un téléphone calé sur une pile de livres bouge entre deux prises.
- La mention manque. Un contenu de créateur, publié sur son compte, avec un lien affilié ou un code promo, et aucune mention de partenariat : c'est un manquement, et la loi de 2023 rend déjà la marque solidairement responsable aux côtés de l'agence et du créateur.
Ces huit signaux ne sont pas des défauts. Ce sont les conséquences directes du brief. Si vous demandez un hook en 0,5 seconde et trois plans produit, vous commandez mécaniquement les signaux 1, 2, 4 et 7. C'est pour ça que le brief est l'endroit où se décide le degré d'authenticité perçu — et pas le casting. On a documenté ce mécanisme dans les 4 verrous du brief.
Une marque nous a demandé un jour de « rendre les vidéos moins propres ». On a retiré la LED, viré le trépied, laissé une prise avec un bafouillage. Le hook rate a monté. Le taux de conversion n'a pas bougé. L'authenticité visuelle achète de l'attention, pas de la conversion.
Que dit la loi française en 2026 sur l'UGC rémunéré ?
La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 encadre l'influence commerciale, définie comme le fait de mobiliser sa propre notoriété auprès de sa propre audience à titre onéreux ; un créateur UGC qui livre des fichiers diffusés par la marque sur les canaux de la marque n'exerce pas, en principe, l'influence commerciale. C'est la ligne de partage juridique entre les degrés 3 et le reste, et elle ne dépend pas de qui paie : elle dépend de qui diffuse.
Le décret d'application est entré en vigueur le 1er janvier 2026. Depuis janvier 2026, l'écrit n'est légalement obligatoire que pour les prestations d'influence commerciale atteignant 1 000 € HT cumulés par annonceur et par an ; la mention « Publicité » s'impose quand le créateur publie lui-même. Selon l'analyse de Tanke (fin 2025), la responsabilité est solidaire entre la marque, l'agence et le créateur. Traduction opérationnelle : si votre créateur oublie la mention, ce n'est plus son problème à lui tout seul.
Sur la mention elle-même, le cadre est stable depuis 2023 : la promotion doit être signalée par « Publicité » ou « Collaboration commerciale », de façon claire, lisible, identifiable pendant toute la durée du contenu, et en français. Son absence relève de la pratique commerciale trompeuse. Le Blog du Modérateur rappelait début 2026 que l'obligation s'applique dès le premier abonné et dès la première contrepartie, y compris un simple produit offert ou une invitation.
Ce qui tombe dans les contrôles ? Selon le bilan DGCCRF relayé par Kohen Avocats début 2026, la majorité des pratiques trompeuses relevées consistaient à ne pas indiquer le caractère commercial de la publication, ou à ne pas identifier la personne pour le compte de laquelle elle était diffusée. Pas des cas tordus. Les deux basiques.
| Cas concret | Qui diffuse ? | Contrepartie ? | Mention obligatoire |
|---|
| Vidéo achetée à un créateur, poussée en Meta Ads par la marque | La marque | Oui (prestation) | Non : c'est une publicité identifiée comme telle par le format |
| Même vidéo, publiée par le créateur sur son compte | Le créateur | Oui | Oui : « Publicité » ou « Collaboration commerciale », loi 2023-451 |
| Cliente qui poste un Reel après avoir reçu un produit gratuit | La cliente | Oui (dotation) | Oui, dès le premier abonné |
| Avis vidéo spontané republié en story par la marque | La marque | Non | Pas de mention pub, mais autorisation écrite indispensable (droit à l'image) |
| Vidéo avec avatar généré par IA en Meta Ads | La marque | Sans objet | Déclaration de contenu IA exigée par les plateformes, règles propres à chacune |
Un point que beaucoup d'annonceurs découvrent trop tard : le régime juridique ne se choisit pas, il se constate. Vous pouvez appeler votre créateur « prestataire » dans tous vos documents, s'il publie sur son compte avec sa notoriété et son audience, il fait de l'influence commerciale. La qualification suit les faits. C'est précisément pourquoi la différence est d'abord contractuelle, et pas une affaire de nombre d'abonnés.
Nous ne sommes pas avocats et cet article ne remplace pas un conseil juridique. Sur les montages hybrides — un créateur qui publie ET cède les droits pour du paid, avec whitelisting — la frontière est franchement grise, et nous recommandons systématiquement une relecture par un juriste avant de signer un cadre annuel.
L'UGC généré par IA est-il encore de l'UGC ?
Non : un avatar synthétique n'est pas un utilisateur, donc un contenu généré par IA n'est pas de l'UGC — c'est de la publicité produite à coût marginal nul qui emprunte les codes visuels de l'UGC. Le nommer autrement est un abus de langage qui finira par coûter cher à ceux qui l'entretiennent.
Le chiffre qui devrait calmer les ardeurs : selon Kantar US Media Reactions 2025, plus de 60 % des consommateurs américains craignent que l'IA générative ne produise des publicités fausses ou trompeuses. Ce n'est pas une opposition esthétique à l'IA, c'est une suspicion de tromperie. Et la suspicion de tromperie est exactement ce que l'UGC était censé neutraliser. Utiliser un avatar IA pour simuler un témoignage client, c'est donc dépenser son budget à produire l'inverse de ce qu'on achète.
Ce qui ne veut pas dire que l'IA est inutile en production vidéo verticale. Nous l'utilisons tous les jours : génération de variantes de hooks, sous-titrage, déclinaisons de formats, traduction, voix de secours sur un plan raté. Là, elle fait gagner des heures sans rien raconter de faux. La ligne que nous nous imposons est simple : l'IA peut tout faire dans la chaîne, sauf jouer le rôle d'une personne qui prétend avoir utilisé le produit.
Le risque n'est d'ailleurs pas que l'audience détecte l'avatar. Elle le détecte déjà, et dans six mois les générateurs seront meilleurs. Le risque est réputationnel et il est asymétrique : un avatar jamais repéré ne vous rapporte rien de plus qu'un comédien ; un avatar repéré sur un témoignage santé ou finance, vous le payez en commentaires, en captures d'écran et en signalements. Mauvais rapport gain/perte.
Le vrai usage de l'IA en production UGC : décliner, sous-titrer, tester des variantes de hook — pas incarner un faux client.
Qu'est-ce que l'UGC sur Instagram, et en quoi diffère-t-il de TikTok ?
Sur Instagram, l'UGC désigne surtout des Reels, des stories mentionnant la marque et des posts collaboratifs ; la différence avec TikTok n'est pas culturelle, elle est technique — elle tient au ratio, au tag de partenariat rémunéré et à la réutilisation en Partnership Ads.
Trois écarts de production concrets, ceux qui changent le livrable que vous commandez :
- Le ratio. TikTok vit en 9:16 plein écran. Meta pousse le 9:16 en Reels mais consomme aussi du 4:5 dans le fil et en Stories recadrées. Si vous commandez un seul master, exigez un cadrage safe qui survit au recadrage — on a fait la carte des placements dans 9:16 vs 4:5 selon le placement.
- Le Collab post et l'outil de partenariat rémunéré. Instagram intègre nativement le label « Partenariat rémunéré avec ». Il règle une partie de l'obligation de transparence, mais le label plateforme ne dispense pas de la mention explicite en français exigée par la loi. Mettez les deux.
- La seconde vie publicitaire. Un contenu créateur sur Instagram peut être amplifié en Partnership Ad depuis le compte du créateur, ce qui conserve son avatar, son pseudo et son compteur de likes. C'est le format qui brouille le plus la frontière authentique/simulé, et c'est aussi celui qui demande la cession de droits la plus explicite.
Côté ton, l'écart s'est beaucoup réduit depuis 2024. Un bon UGC Reels et un bon UGC TikTok se ressemblent plus qu'en 2022. Ce qui diffère encore, c'est la tolérance à la longueur : au-delà de 35 secondes, la rétention décroche plus vite sur Reels que sur TikTok dans ce qu'on observe sur les comptes de nos clients e-commerce. Avec une réserve honnête : ça varie énormément selon la catégorie, et on n'a pas de jeu de données assez large pour en faire une règle générale.
Comment gagner de l'argent avec l'UGC en 2026 — et combien ça coûte côté marque ?
Un créateur UGC gagne de l'argent en vendant des fichiers vidéo à des marques, pas en vendant son audience : selon Roads.social (2026), la fourchette observée va de 74 à 350 € par contenu, contre 1 000 à 50 000 € pour un influenceur qui vend sa portée. Les deux métiers portent parfois le même nom. Ils n'ont pas le même modèle économique.
Côté créateur, la rentabilité se joue sur trois variables : le nombre de livrables par tournage (filmer trois angles en une session change tout), la vente de droits supplémentaires (durée, territoire, whitelisting), et le taux de réécriture. Un créateur qui refait deux fois chaque vidéo à cause d'un brief flou travaille à moitié prix sans le savoir.
Côté marque, le prix affiché n'est jamais le prix payé. Il faut ajouter le casting, les produits envoyés et perdus, les allers-retours de validation, le montage si le créateur livre des rushes bruts, et la cession de droits au-delà de 3 mois. On a chiffré ces postes dans notre grille tarifaire détaillée 2026 — c'est généralement là que les budgets dérapent, pas sur le tarif unitaire.
Le chiffre que personne ne publie : le taux de rebut
Voilà le coût caché réel de l'authenticité. Sur un UGC de degré 1 ou 2 — des rushes récupérés chez de vrais clients — la part inexploitable est énorme : cadrage à l'envers, son couvert par la télé, produit concurrent dans le champ, et surtout l'autorisation d'utilisation que la personne ne renvoie jamais. On jette beaucoup. Sur du degré 3 briefé, le rebut tombe à une fraction de ça, parce que le créateur travaille avec un cahier des charges technique.
Conséquence comptable que les comparatifs oublient : une vidéo « gratuite » de degré 1 qui demande trois semaines de collecte, dix sollicitations et une relance juridique pour la cession n'est pas gratuite. Elle coûte du temps d'équipe, elle arrive quand elle veut, et vous ne pouvez pas en planifier la quantité. L'authenticité se paie en taux de rebut et en délai. C'est sa vraie étiquette de prix.
Le calcul à faire n'est pas « combien coûte une vidéo » mais « combien coûte une vidéo diffusable, droits inclus, livrée dans ma fenêtre de campagne ». Le classement des cinq degrés change complètement selon qu'on raisonne sur l'un ou sur l'autre.
Et le fameux « 2,4× plus authentique » ?
Toute la SERP le répète : l'UGC aurait 2,4 fois plus de chances d'être perçu comme authentique qu'un contenu de marque (compilation Influee, 2026). Lisez bien : perçu comme. C'est une perception déclarée en questionnaire, pas une performance média. Même chose pour le « 92 % font confiance aux recommandations de vraies personnes », qui descend d'une étude Nielsen vieille de plus de dix ans et qui a été recopiée dans des milliers d'articles sans que personne ne retourne à la source.
Ces chiffres ne sont pas faux, ils sont inutilisables pour arbitrer un budget. Ce qui s'arbitre, c'est : hook rate à 3 secondes, hold rate à 50 % de la durée, CTR sortant, CPA, et fréquence à partir de laquelle la créative s'use. Le même chiffre Influee indique aussi un taux de conversion supérieur de 140 % chez les acheteurs exposés à une galerie UGC sur fiche produit — corrélation évidente (les gens qui scrollent jusqu'à la galerie sont déjà plus engagés), pas causalité. Si vous construisez un business case là-dessus, vous allez au-devant d'une mauvaise surprise. Nos repères de mesure sont détaillés dans les 3 ratios à mesurer sur Meta Ads vidéo.
Authentique ou simulé : comment choisir selon votre objectif ?
Le choix entre UGC authentique et UGC simulé se règle avec trois questions, dans cet ordre : de combien de vidéos avez-vous besoin par mois, quels droits devez-vous détenir, et qui va publier le contenu ? Aucune de ces questions n'est idéologique. Les trois sont des contraintes de production.
Question 1 — Combien de vidéos par mois ?
Moins de 5 : visez le degré 1 et 2. Organisez la collecte, outillez la demande d'autorisation, republiez. C'est lent et c'est ce qu'il y a de plus crédible. Entre 10 et 40 : degré 3, c'est le seul cran qui tienne le rythme sans ruiner le budget. Au-delà de 40, avec plusieurs angles à tester en parallèle, vous entrez dans une logique de débit où le degré 4 devient économiquement pertinent — un comédien qui enchaîne six scripts dans la journée revient moins cher par vidéo qu'un créateur par vidéo unitaire.
Question 2 — Quels droits vous faut-il ?
Si le contenu part en paid, en affichage magasin, sur le site ou dans une newsletter, il vous faut une cession écrite couvrant ces supports, avec une durée. Le degré 1 n'en offre aucun par défaut : une publication publique n'est pas une autorisation d'exploitation commerciale. C'est l'erreur la plus fréquente que nous voyons, et elle se règle par un message privé et une case à cocher, pas par un pari.
Question 3 — Qui publie ?
Vous publiez sur vos comptes et vos pubs : régime prestation, pas de mention « Publicité » à ajouter manuellement, contrat de cession classique. Le créateur publie sur son compte : régime influence commerciale, mention obligatoire, contrat écrit au-delà de 1 000 € HT, responsabilité solidaire. Cette seule question détermine votre exposition juridique — et elle se décide avant de choisir le créateur, pas après.
Le mix que nous recommandons le plus souvent à un e-commerçant qui dépense entre 15 000 et 60 000 € de média par mois : un socle de degré 3 pour alimenter les tests paid, deux ou trois pièces de degré 1 soigneusement choisies sur les pages produit et en retargeting, et zéro degré 5 sur tout ce qui ressemble à un témoignage. Ce n'est pas une règle universelle. Sur une marque de niche avec une communauté militante, on inverse totalement : le degré 1 devient le moteur et le degré 3 un complément de volume.
Dernière chose, et elle va à l'encontre de notre intérêt commercial immédiat : si votre produit n'a pas encore de clients satisfaits, aucun degré ne vous sauvera. Trente vidéos de créateurs briefés sur un produit que personne n'aime, ça fait trente pubs qui se ressemblent et un CPA qui monte. L'UGC, authentique ou simulé, amplifie un signal existant. Il ne le crée pas.
Questions fréquentes
- Quels sont les 3 types de marketing ?
- La triade classique oppose l'outbound (publicité achetée, display, TV), l'inbound (contenu que l'audience vient chercher : SEO, blog, newsletter) et l'earned media (ce qu'on obtient sans l'acheter : avis, bouche-à-oreille, reprises presse). L'UGC spontané appartient à l'earned. L'UGC commandé à un créateur, lui, est de l'outbound déguisé en earned — c'est exactement ce qui rend le débat authentique/simulé intéressant.
- Un UGC acheté à un créateur est-il du « faux » UGC ?
- C'est de l'UGC simulé, pas du faux UGC. Rien n'est frauduleux tant que le créateur ne prétend pas être un client qu'il n'est pas et que les allégations produit sont exactes. Le problème commence quand une marque vend ce contenu comme un témoignage client spontané. Le format est honnête ; c'est le récit qu'on en fait qui peut cesser de l'être.
- Faut-il indiquer « Publicité » si on diffuse le contenu sur nos propres comptes ?
- Non. Quand la marque diffuse elle-même sur ses comptes ou ses publicités, le contenu est déjà identifié comme commercial par le contexte et le créateur agit en prestataire de production. La mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale » exigée par la loi 2023-451 s'impose quand c'est le créateur qui publie sur son propre compte, auprès de sa propre audience, contre contrepartie.
- Peut-on réutiliser un avis client ou une vidéo postée spontanément sans autorisation ?
- Non. Une publication publique n'est pas une cession de droits. Vous avez besoin d'une autorisation écrite couvrant le droit à l'image de la personne, le support, le territoire et la durée d'exploitation — d'autant plus si le contenu part en publicité payante. Un message privé avec un formulaire simple suffit dans la plupart des cas, mais il doit exister et être archivé.
- Contenu UGC exemple : à quoi ressemble concrètement chacun des 5 degrés ?
- Degré 1 : une cliente filme son colis dans son salon et vous tague. Degré 2 : elle le fait après avoir reçu un bon d'achat de 20 €. Degré 3 : une créatrice payée 180 € tourne trois hooks chez elle selon votre brief. Degré 4 : un comédien joue un script devant une caméra tenue à la main, en décor d'appartement. Degré 5 : un avatar IA récite le script.
- Combien de temps un UGC reste-t-il performant avant usure ?
- Sur nos campagnes e-commerce, une créative UGC poussée fort en paid commence à s'essouffler entre 2 et 5 semaines, selon le budget quotidien et la taille d'audience. Le signal fiable n'est pas l'âge de la vidéo mais la fréquence et la chute du hook rate à 3 secondes. Un même concept peut repartir pour plusieurs semaines avec un nouveau hook, sans retourner tourner.
Quel degré d'UGC pour votre prochain mois de production ?
Choisir entre preuve client et volume briefé se tranche avec trois contraintes : débit mensuel, droits à détenir, canal de diffusion. Esekai est un studio de vidéo verticale : creative ads, UGC et contenu organique pour TikTok, Reels et Shorts, avec un Creative Strategist dédié, tournage et montage internes, et des itérations rapides. On n'est pas une agence 360. Trente minutes au téléphone : formats, budget, plan d'action. Pas de présentation d'agence.
Prendre rendez-vous →30 minutes pour parler formats, budget et plan d'action.