Exigez quatre familles de livrables, pas une vidéo. Les exports : master 9:16, déclinaisons 4:5 et 1:1, versions 15/30/60 s, avec et sans sous-titres incrustés, version sans musique. Les sources : rushes bruts, projet de montage éditable, fichier .srt. Le juridique : cession de droits écrite, autorisation d'exploitation de l'image du créateur, périmètre paid daté, code Spark ou Partnership. Les données : matrice hooks × angles, nomenclature de fichiers, reporting créatif. Sans les trois dernières familles, vous ne possédez rien, vous louez des vidéos. Voici l'annexe livrables à coller à votre contrat, ligne par ligne.
Un « livrable UGC », c'est quoi exactement en 2026 — un fichier ou un lot ?
Un livrable UGC complet, c'est un lot de quatre natures d'actifs, dont une seule est une vidéo. L'actif média (les exports diffusables), l'actif source (rushes, projet de montage, sous-titres en fichier texte), l'actif juridique (cession de droits, autorisation d'image, code Spark) et l'actif cognitif (matrice de hooks, nomenclature, reporting créatif). Trois sur quatre sont systématiquement absents des devis que nous voyons passer en audit.
La ligne type d'un devis d'agence, en France, ressemble à ça : « Production UGC — 10 vidéos — 3 200 € HT ». C'est tout. Dix fichiers MP4 dans un lien WeTransfer qui expire au bout de sept jours. Quand on demande l'annexe livrables, dans la majorité des dossiers qu'on reprend, elle n'existe pas : le périmètre tient dans une ligne de tableur.
Le problème n'est pas la malhonnêteté. C'est que « vidéo » n'est pas une unité de mesure. Quand AI Vidia annonce dans son guide acheteur 2026 un retainer type à 40 vidéos par mois avec 5 % de variantes qui deviennent des winners, personne ne sait si « 40 vidéos » signifie 40 concepts distincts ou 40 exports issus de 6 tournages. L'écart de valeur entre les deux lectures est d'un facteur six. New Engen pose d'ailleurs la bonne question dans son guide 2026 : combien de variantes net-new par semaine, à mon niveau de budget ?
Le comparatif de Takema Studio (2026) résume la différence de marché en une ligne qu'il faut garder en tête : une plateforme de créateurs livre « brut », une agence facture plus cher parce qu'elle livre monté et révisé. Sauf que « monté » ne dit toujours rien sur les ratios, les sous-titres, les droits ou les rushes. C'est exactement le trou que l'annexe comble.
Le test de réversibilité à J+30 : si vous coupez le contrat demain matin, quel pourcentage de ce que vous avez payé reste exploitable sans l'agence ? Un lot qui ne passe pas ce test n'est pas un livrable, c'est une location.
Voici le bordereau complet. Les sept sections suivantes détaillent chaque bloc, mais si vous ne devez copier qu'une chose de cet article, c'est ce tableau.
| Livrable | Spécification à exiger | Statut marché 2026 | Coût si facturé en option | Ce qui casse s'il manque | Test de recette |
|---|
| Master 9:16 | MP4 H.264, 1080×1920, 25 ou 30 fps constant, ≥ 10 Mb/s, audio AAC 48 kHz | Inclus par défaut | Compris dans le prix de base (150–500 € par livrable vidéo, Plateya, sept. 2025) | Rien, c'est le minimum | Le fichier passe-t-il l'upload Ads Manager sans alerte de compression ? |
| Déclinaisons 4:5 et 1:1 | Recadrage avec textes repositionnés, pas un crop automatique | Négociable, souvent facturé | 20–60 € par export en re-montage (fourchette relevée sur nos devis 2025-2026) | Placements Feed et Explore perdus ou servis avec bandes noires | Le texte reste-t-il dans la safe zone sur les trois ratios ? |
| Cut-downs 15 / 30 / 60 s | Trois durées par master, même hook, CTA conservé | Négociable | 15–40 € par cut-down (nos devis) | Impossible de tester la durée comme variable | Le 15 s garde-t-il l'offre et la preuve, ou juste le hook ? |
| Version sans sous-titres + .srt | Export clean + fichier .srt horodaté, français corrigé | Rarement inclus | 10–30 € par vidéo | Toute traduction ou refonte de typo impose un re-montage | Le .srt s'ouvre-t-il dans un éditeur texte, sans retard de synchro ? |
| Clean feed (sans musique / sans VO) | Export son direct seul + pistes séparées en WAV | Rarement inclus | 0 € si demandé avant l'export, 40–80 € après | Une licence musicale expirée rend la créative inexploitable | Peut-on remplacer la musique sans retoucher l'image ? |
| Hooks alternatifs | 3 à 5 ouvertures de 3 secondes par concept, tournées, pas montées | Négociable, standard chez les agences creative | Souvent inclus si demandé au brief, sinon re-shoot | Le test d'accroche devient un test de concept, bien plus cher | Les hooks sont-ils interchangeables sur le même corps de vidéo ? |
| Rushes bruts | Fichiers caméra non étalonnés, nommés, livrés sur disque ou cloud 12 mois | Rarement inclus | Forfait de rachat à négocier à la signature | Aucun re-montage possible ailleurs, retour au tournage | Les rushes des winners sont-ils identifiables par leur nom de fichier ? |
| Projet de montage éditable | .prproj / .aep ou XML-EDL + médias conformés | Rarement inclus | Option, parfois refusée pour motif de PI | Changement de prix ou de packaging = tout refaire | Le projet s'ouvre-t-il chez un tiers sans média manquant ? |
| Cession de droits patrimoniaux | Écrit signé : durée, territoire, canaux, paid oui/non, supports dérivés | Ne se négocie jamais | +20 à 100 % du prix de création (UGC Playground, rate card juin 2026) | Diffusion paid illicite, rachat en position de faiblesse | Puis-je lire la date de fin de droits sans appeler l'agence ? |
| Autorisation d'image du créateur | Document distinct signé par la personne filmée, même périmètre | Ne se négocie jamais | 0 € s'il est demandé dès le sourcing | Retrait de campagne sur simple demande de la personne | Ai-je un PDF signé par créateur, nominatif ? |
| Code Spark Ads / Partnership Ad | Code + date d'expiration + engagement de non-suppression du post source | Négociable | Uplift de 75 à 150 % sur profils sensibles (SparkUGC, oct. 2025) | La pub meurt si le créateur supprime la vidéo ou ferme le compte | Le code est-il collé dans l'Ads Manager et validé avant paiement ? |
| Livrables de pilotage | Matrice hooks × angles, nomenclature, journal des itérations, reporting mensuel | Rarement inclus, jamais facturé | 0 € : c'est un sous-produit du travail déjà payé | Vous rachetez vos propres apprentissages au prestataire suivant | Le fichier est-il dans mon Drive, à mon nom, à jour au mois M ? |
Quels fichiers exports devez-vous recevoir pour chaque vidéo payée ?
Un concept validé doit sortir en 9 à 14 fichiers, pas en un. Un master 9:16, deux recadrages (4:5 et 1:1), deux ou trois cut-downs de durée, trois à cinq hooks alternatifs interchangeables, une version sans sous-titres incrustés accompagnée du .srt, et un clean feed audio. C'est le ratio que nous appliquons sur nos tournages depuis 2024, et c'est celui qu'il faut écrire noir sur blanc dans l'annexe.
Bridgeo, dans son comparatif des agences UGC françaises publié fin 2025, recommande que le contrat précise le vertical 9:16 et les déclinaisons 15/30/60 s. C'est le plancher. Ça ne dit toujours pas dans quel codec, à quel bitrate, ni si les sous-titres sont gravés dans l'image.
La spec technique minimale à copier
- MP4, codec H.264, profil High, 1080×1920 pour le 9:16 (1080×1350 en 4:5, 1080×1080 en 1:1).
- Framerate constant 25 ou 30 fps, jamais variable : un VFR issu de smartphone désynchronise les sous-titres au re-montage.
- Débit vidéo ≥ 10 Mb/s, audio AAC 48 kHz stéréo, niveau de loudness homogène sur tout le lot.
- Safe zones respectées : rien d'utile dans les 130 px du haut ni les 480 px du bas sur TikTok, sous peine de voir le CTA couvert par l'interface.
- Un dossier par concept, un sous-dossier par ratio, nomenclature identique partout.
Le clean feed est la ligne que tout le monde oublie et qui coûte le plus cher plus tard. Une musique sous licence commerciale expire ; une voix off en français ne vous sert à rien le jour où vous ouvrez l'Espagne. Si vous détenez la piste son direct isolée et le projet, vous ré-habillez en deux heures. Sinon vous retournez.
Sur les hooks, la question posée par Moburst et EntreResource en 2026 est la bonne : combien de variations de 3 premières secondes par concept ? Exigez que les hooks soient tournés pendant la session, pas fabriqués après coup au montage avec un bout de texte animé. Trois ouvertures filmées sur le même décor coûtent dix minutes de tournage. Reconstituées six semaines plus tard, elles coûtent un re-shoot.
Un concept validé sort en 9 à 14 fichiers : masters, recadrages, cut-downs, hooks alternatifs et clean feed audio.Rushes et projet de montage : pourquoi l'agence refuse, et quand c'est légitime ?
Demander tous les rushes de toutes les vidéos est une mauvaise exigence ; demander les rushes et le projet des créatives gagnantes en est une excellente. La nuance vaut de l'argent des deux côtés, et c'est le point sur lequel les guides anglophones posent la question sans jamais y répondre.
Trois refus sont légitimes, et nous les opposons nous-mêmes à certains clients. Le volume d'abord : une session UGC d'une demi-journée génère entre 40 et 120 Go de rushes, et stocker ça douze mois pour un client qui ne les ouvrira jamais a un coût réel. Le droit ensuite : un créateur a souvent cédé l'exploitation des montages validés, pas celle de 90 minutes de prises ratées où il apparaît hors contexte. La propriété intellectuelle enfin : un projet After Effects contient les templates, les presets d'étalonnage et les rigs de l'agence, qui ne font pas partie de ce que vous avez acheté.
Un refus illégitime, en revanche, se reconnaît à son vocabulaire. « Ce n'est pas dans nos process. » « On ne livre jamais les sources. » Pas de motif, pas d'alternative, pas de prix. Là, vous êtes en face d'une rétention volontaire d'actif.
Les trois compromis qui marchent
- L'escrow de rushes. L'agence conserve les fichiers caméra sur un espace partagé en lecture pendant 12 mois minimum, avec obligation de transfert sous 10 jours ouvrés sur simple demande écrite. Vous ne payez pas de stockage, vous gardez la clé.
- Le rachat forfaitaire chiffré à la signature. Le prix de libération des sources est inscrit dans l'annexe au jour 1, pas négocié au jour de la rupture. Sur nos contrats, ce forfait se situe entre 15 et 25 % du budget de production du lot concerné. Négocié après coup, il n'y a plus de plafond.
- Le XML conformé plutôt que le projet natif. L'agence exporte la timeline en XML ou EDL avec les médias utilisés, sans ses templates propriétaires. Vous pouvez re-monter, vous ne récupérez pas son savoir-faire. C'est le compromis que nous acceptons le plus souvent.
Position tranchée : sur un lot de 40 vidéos mensuelles, réclamer l'intégralité des sources vous fera payer plus cher sans rien vous apporter. Ciblez les winners. Si l'agence vous dit, comme AI Vidia dans son guide 2026, que 5 % des variantes deviennent des winners, alors sur 40 vidéos vous avez deux fichiers qui comptent. Ce sont ces deux-là dont vous devez posséder les rushes, parce que ce sont eux que vous déclinerez pendant huit mois.
Droits d'usage, droit à l'image, Spark Ads : quels documents exiger, et sous quelle forme ?
Ce sont trois documents distincts, signés par deux parties différentes, et confondre les deux premiers est la panne numéro un des dossiers UGC français. La cession de droits porte sur le contenu et se signe entre vous et le titulaire des droits sur la vidéo. L'autorisation d'exploitation de l'image porte sur la personne filmée et se signe par cette personne, nominativement. Une agence peut détenir la première sans que vous ayez jamais vu la seconde.
| Document | Ce qu'il protège | Qui le signe | Ce qui arrive s'il manque |
|---|
| Cession de droits patrimoniaux | Le fichier : reproduction, adaptation, diffusion, découpage en variantes | Créateur ou agence titulaire → annonceur | Vous payez un rachat a posteriori, sans levier de négociation |
| Autorisation d'exploitation de l'image | La personne : son visage, sa voix, son nom | La personne filmée elle-même, nominativement | Retrait possible de la campagne sur demande de l'intéressé, quel que soit le contrat agence |
| Autorisation de diffusion sur compte tiers (Spark / Partnership / whitelisting) | Le droit de pousser du média derrière un compte qui n'est pas le vôtre | Le titulaire du compte social (créateur) | La campagne s'arrête si le code expire, si le post est supprimé ou si le compte ferme |
| Attestation d'origine du contenu | Vous : savoir si le créateur est humain, et quelles parties sont générées | L'agence productrice | Exposition à un risque de conformité que vous découvrez après diffusion |
Le périmètre, lui, s'écrit en cinq variables obligatoires : durée (12 mois, 24 mois, perpétuité), territoire (France, UE, monde), canaux listés nommément (Meta, TikTok, YouTube, site, emailing, affichage magasin), usage paid oui ou non, et droit de modification. Une cession « tous supports, tous usages » sans ces cinq lignes ne vaut pas grand-chose le jour où un créateur conteste.
Ça se paie, et il faut le budgéter comme une ligne séparée. UGC Playground, dans sa rate card de juin 2026, chiffre les droits d'usage entre +20 et +100 % selon la durée et l'exclusivité, et recommande de ne jamais coter un prix unique mêlant création et usage. Takema Studio et Webtonic arrivent à la même fourchette haute en 2026 : +30 à 100 % du tarif de production. SparkUGC (oct. 2025) monte à +75 à +150 % sur les profils sensibles — médical, finance, B2B, multilingue — et estime le coût all-in à 1,8 à 2,4 fois le prix de base une fois intégrés droits, whitelisting, révisions et temps de brief. Si vous voulez le détail des fourchettes françaises, nous l'avons développé dans combien coûte une vidéo UGC en France et ce que valent réellement les droits.
Le cas Spark Ads, et ce qu'on ne vous dira pas
Un code d'autorisation Spark est généré depuis le compte TikTok du créateur, avec une durée de validité choisie au moment de la génération. Le compte source reste le sien. Conséquence opérationnelle : votre meilleure créative peut disparaître parce qu'un créateur a nettoyé son profil. On a vu le cas deux fois en 2025 chez des clients e-commerce, sur des publicités qui tournaient depuis quatre mois.
Les durées maximales et la mécanique de renouvellement ont changé plusieurs fois côté TikTok. Nous ne donnerons pas ici une valeur chiffrée que vous liriez dans six mois : vérifiez la durée paramétrable affichée dans l'interface au moment où vous signez, et faites-la inscrire dans l'annexe, avec une obligation de régénération du code à échéance et une clause de non-suppression du post source pendant la durée des droits. Même logique pour l'attestation d'origine IA : le cadre réglementaire européen et les règles d'étiquetage des plateformes bougent vite, donc on l'exige contractuellement plutôt que de parier sur l'état du droit.
Comment écrire une procédure de recette que l'agence ne peut pas contourner ?
Une recette opposable tient en cinq éléments : des jalons datés, une définition écrite de « conforme », un nombre de rounds de révision chiffré, une frontière nette entre révision et re-shoot, et un délai de validation client avec effet du silence. Sans ces cinq lignes, « livré » reste une opinion.
Commencez par le calendrier. Bridgeo (déc. 2025) insiste sur un calendrier à jalons datés dans le contrat, et Showca.se — guide à l'origine publié en 2024, donc à relire avec le recul du marché actuel — avance qu'une agence UGC sérieuse livre des vidéos entièrement montées en 7 à 10 jours. Sur nos opérations, le jalon qui compte n'est pas la livraison finale mais la validation du casting et du script : si elle glisse de quatre jours, tout le reste glisse.
Ensuite, définissez « conforme ». La recette n'est pas un avis esthétique. Elle se passe sur une checklist technique binaire : les ratios sont présents, les durées sont présentes, les sous-titres sont corrects, le .srt existe, les safe zones sont respectées, la nomenclature est appliquée, le document de cession est joint. Oui ou non. Ce qui relève du goût passe par les rounds de révision, pas par le refus de recette.
Révision ou re-shoot : tracez la ligne
Une révision se fait sur les fichiers existants : rythme, ordre des plans, texte à l'écran, musique, CTA, sous-titrage. Un re-shoot implique de refaire tourner quelqu'un : changement de script, de produit, de créateur, de décor. Deux rounds de révision inclus est le standard que Showca.se recommande de vérifier, et c'est aussi ce que nous pratiquons. Faites préciser ce qui déclenche la facturation au-delà, et à quel tarif unitaire.
Le re-shoot, lui, doit avoir son déclencheur écrit : non-conformité au brief validé, défaut technique, produit mal présenté. Pas « le client a changé d'avis ». Une agence qui refuse d'écrire une procédure de re-shoot vous facturera tous les re-shoots.
Sur le silence du client : acceptez la clause « silence vaut acceptation », à deux conditions. Le délai doit être d'au moins 5 jours ouvrés, et il ne démarre qu'à réception d'un lot complet au sens de l'annexe, pas d'un lien vers trois MP4 orphelins. Cette seconde condition est celle qui change tout, parce qu'elle rend la conformité documentaire préalable à l'horloge. L'annexe livrables est le bordereau ; le corps du contrat reste à travailler à part, et nous avons détaillé les 7 clauses à exiger avant de signer dans un autre article.
Les hooks alternatifs se tournent pendant la session : dix minutes sur le plateau, contre un re-shoot complet six semaines plus tard.Quels livrables de pilotage devez-vous récupérer chaque mois ?
Quatre documents, tous produits de toute façon par l'agence pour son propre travail, et presque jamais remis : la matrice hooks × angles, la nomenclature de fichiers, le journal des itérations et le reporting créatif. C'est l'actif cognitif. Il ne coûte rien à livrer et c'est celui dont la perte fait le plus mal.
La matrice hooks × angles est un tableau à deux entrées : en lignes les angles testés (preuve sociale, démonstration, avant/après, objection prix, usage détourné), en colonnes les hooks utilisés, et dans les cases la performance observée. Au bout de six mois, ce tableau vaut plus cher que les vidéos elles-mêmes, parce qu'il vous dit quoi tourner. Il se nourrit du brief, et le brief doit lui aussi vous être restitué dans sa version validée — sur la manière de le construire, voir les 3 couches d'un brief utile.
La nomenclature est une convention de nommage écrite, pas une habitude de monteur. Format type : MARQUE_PRODUIT_ANGLE_HOOK_RATIO_DUREE_V01.mp4. Imposez-la dans l'annexe. Le jour où vous changez d'agence, 300 fichiers nommés « final_v3_ok_vraiment.mp4 » valent zéro, parce que personne ne sait relier un export à une ligne de l'Ads Manager.
Le journal des itérations consigne ce qui a été modifié, pourquoi, et sur la base de quelle donnée. Trois lignes par créative suffisent. Le reporting créatif, enfin, ne doit pas être un export de l'Ads Manager : il croise les métriques avec les variables créatives — hook, angle, créateur, durée, ratio — pour dire quelle variable a bougé le résultat.
New Engen posait la question en 2026 d'une manière qui mérite d'être reprise telle quelle au prochain appel : « briefez-vous à partir des données du compte publicitaire, ou de la charte de marque ? » Une agence qui brieffe depuis le compte publicitaire possède forcément ces documents. Elle n'a aucune raison de les retenir, sinon celle de rendre la sortie douloureuse. Quimby Digital (janv. 2026) décrit d'ailleurs l'agence solide comme celle qui tient stratégie, briefs, vetting, droits, production, révisions et reporting dans un seul workflow connecté. Un workflow connecté produit des documents. Demandez-les.
Que coûte vraiment un livrable manquant, et comment faire le test de réversibilité à J+30 ?
Un livrable manquant ne coûte jamais le prix de l'option : il coûte le prix de la refabrication, majoré du fait que vous négociez en position de demandeur. Un recadrage oublié se rattrape pour quelques dizaines d'euros tant que le projet est ouvert. Six mois plus tard, sans rushes ni projet, c'est un tournage.
Trois chiffrages de rattrapage
- Le re-shoot. Vous repayez le prix de production. Plateya situait en septembre 2025 le livrable vidéo verticale de 15 à 30 s entre 150 et 500 € chez les créateurs français ; Takema Studio donne 200 à 500 € pour une vidéo courte produite en agence en 2026. Multipliez par le nombre de créatives concernées, et ajoutez trois semaines de calendrier.
- Le rachat de droits après diffusion. +20 à 100 % selon UGC Playground (juin 2026), jusqu'à +75 à 150 % sur profils sensibles selon SparkUGC (oct. 2025). Sauf que ces fourchettes sont celles d'une négociation faite avant. Après, le créateur sait que votre campagne tourne déjà.
- Le re-montage sans sources. Il n'existe pas. Sans rushes ni projet, vous ne re-montez pas, vous re-tournez. Le coût du livrable « rushes » manquant est donc égal au coût d'un re-shoot complet, à quoi s'ajoute la perte du créateur d'origine s'il n'est plus disponible — et la cohérence du personnage, sur une marque qui a installé un visage, vaut cher.
Un repère de contexte utile : DesignRevision relevait en septembre 2025, sur les données Billo, un coût moyen autour de 198 $ par livrable aux États-Unis, en baisse sous l'effet de l'afflux de créateurs et des outils IA. Autrement dit, la production unitaire se dévalue pendant que la valeur des droits et des sources, elle, ne bouge pas. Ce que vous achèterez cher en 2027, ce n'est pas le tournage, c'est le droit de réutiliser et la capacité de remonter.
La grille de réversibilité à J+30
Trente jours après le début d'un contrat, posez-vous la question frontalement : si je coupe demain, que me reste-t-il ? Dix lignes, dix points chacune. En dessous de 60 sur 100, vous louez.
| Élément à vérifier (10 points chacun) | Condition pour marquer les points |
|---|
| Masters 9:16 | Tous dans votre stockage, pas dans un lien expirable |
| Déclinaisons ratios et durées | Présentes pour chaque concept validé |
| Versions sans sous-titres + .srt | Fichiers texte récupérés et lisibles |
| Clean feed audio | Musique remplaçable sans retoucher l'image |
| Rushes des winners | En votre possession ou sous escrow écrit |
| Projet éditable ou XML conformé | Ouvrable par un tiers, médias liés inclus |
| Cession de droits signée | PDF avec durée, territoire, canaux, paid explicites |
| Autorisations d'image | Une par personne filmée, nominative |
| Codes Spark / Partnership | Actifs, avec dates d'expiration connues |
| Matrice, nomenclature, reporting | À jour au mois en cours, dans votre Drive |
Faites ce test à J+30, pas à la fin. À J+30, l'agence a encore envie de bien faire et les fichiers sont encore chauds. À J+300, vous êtes dans l'autre scénario, celui qu'on décrit dans récupérer vos actifs si vous sortez du contrat. Et si vous êtes en phase de comparaison entre deux prestataires, l'annexe livrables est le seul document qui rend deux propositions réellement comparables : la méthode complète est dans comparer deux devis de production vidéo.
Une dernière chose, et elle va à l'encontre de l'intérêt immédiat d'une agence comme la nôtre. Si vous envoyez cette annexe livrables avant de demander un devis, deux ou trois prestataires sur votre short list ne répondront pas. Ce n'est pas un échec de votre process, c'est son premier résultat utile : ceux qui se retirent sont précisément ceux dont le modèle économique repose sur la rétention de ce que vous avez payé. Savoir quels livrables exiger d'une agence UGC ne sert pas à obtenir plus pour le même prix — ça sert à payer le vrai prix d'un lot dont vous restez propriétaire.
Questions fréquentes
- Une agence UGC doit-elle livrer les rushes par défaut ?
- Non, et l'exiger sur tout le volume vous fera payer plus cher pour rien. Ciblez les rushes des créatives gagnantes, celles que vous déclinerez pendant des mois. Les trois alternatives acceptables : escrow de rushes pendant 12 mois, rachat forfaitaire chiffré dès la signature, ou export XML conformé avec les médias utilisés, sans les templates de l'agence.
- Cession de droits et droit à l'image, est-ce la même chose ?
- Non. La cession de droits patrimoniaux porte sur le contenu et se signe avec le titulaire des droits sur la vidéo. L'autorisation d'exploitation de l'image porte sur la personne filmée et se signe par elle, nominativement. Vous pouvez détenir la première sans la seconde : dans ce cas, le créateur peut demander le retrait de votre campagne malgré un contrat agence en règle.
- Combien d'exports faut-il attendre par concept UGC validé ?
- Entre 9 et 14 fichiers : un master 9:16, deux recadrages 4:5 et 1:1 avec textes repositionnés, deux ou trois cut-downs de durée, trois à cinq hooks alternatifs interchangeables, une version sans sous-titres incrustés avec son fichier .srt, et un clean feed audio. Ce ratio doit figurer dans l'annexe livrables, pas se deviner après la livraison.
- Combien coûtent les droits d'usage en supplément de la production ?
- UGC Playground chiffre en juin 2026 un supplément de 20 à 100 % selon la durée et l'exclusivité. Takema Studio et Webtonic donnent 30 à 100 % en 2026. SparkUGC relevait en octobre 2025 un uplift de 75 à 150 % sur les profils sensibles (médical, finance, B2B) et un coût all-in de 1,8 à 2,4 fois le prix de base.
- Que faire si l'agence refuse d'annexer la liste des livrables au contrat ?
- Demandez le motif par écrit. Un refus argumenté sur un point précis — projet After Effects contenant ses presets, stockage long des rushes — se négocie avec un compromis. Un refus de principe, sans motif ni alternative chiffrée, signale une rétention volontaire d'actifs. Dans ce cas, le lot livré ne passera jamais le test de réversibilité à J+30.
- Faut-il accepter la clause « silence du client vaut acceptation » ?
- Oui, à deux conditions. Le délai doit être d'au moins 5 jours ouvrés, et l'horloge ne démarre qu'à réception d'un lot complet au sens de l'annexe livrables, pas d'un simple lien vers quelques MP4. Cette seconde condition rend la conformité documentaire préalable à la validation, et protège contre les livraisons partielles comptées comme acceptées.
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