Évaluer un portfolio d'agence vidéo, c'est vérifier quatre choses mesurables, pas une esthétique. Un : la pertinence — même format, même plateforme, même objectif que votre cas. Deux : les métriques par pièce (hook rate, taux de complétion, CPA), jamais les vues. Trois : le volume et le taux de créatives gagnantes, sachant qu'environ 5 % des créatives testées performent réellement selon Motion (Creative Benchmarks 2026). Quatre : la traçabilité — rushes bruts, log de tests avec les perdantes, cession de droits signée. Un portfolio sans chiffre et sans perdante n'est pas un portfolio : c'est une bande-démo.
Que doit contenir le portfolio d'une agence vidéo — et qu'est-ce qui n'a rien à y faire ?
Un portfolio utile à l'achat contient huit éléments : des cas dans votre vertical, des vidéos en format natif 9:16 non recadrées, des familles d'itérations, des chiffres média par pièce, le rôle exact de l'agence sur chaque projet, les personnes qui ont travaillé dessus, les droits d'usage, et les délais réels brief-livraison. Tout le reste est décoratif.
On reçoit encore des decks de 40 pages où chaque slide est un logo client. Un logo ne prouve rien. Il prouve qu'une facture a circulé, éventuellement pour un événement, une captation, un post LinkedIn. Pas qu'une créative verticale a été conçue, testée et scalée.
Ce qui doit sortir du portfolio, et que vous pouvez écarter sans état d'âme :
- La showreel musicale de 45 secondes. C'est une anthologie de plans. Elle ne dit rien du process, de la cadence, ni de la performance.
- Les vues cumulées (« 80 millions de vues générées »). Depuis l'unification des métriques par Instagram (annoncée fin 2024), une « vue » est comptée dès que la lecture du Reel démarre, replays inclus : le cumul de vues ne dit rien de l'attention réelle. Un compte à 80 M de vues peut avoir un CPA catastrophique.
- Les références clients sans cas associé, sans date, sans périmètre.
- Les vidéos 16:9 « adaptées » en vertical. On y revient plus bas, c'est le signal le plus fréquent.
- Les mentions de prix moyens du marché. Le portfolio n'est pas un devis — et le devis se juge après, avec la méthode de comparaison en 4 étapes.
La question de départ n'est pas « est-ce beau ». C'est : est-ce que ce portfolio me permet de prédire ce que cette équipe produira pour moi dans 6 semaines. Quatre-vingt-dix pour cent des portfolios que nous voyons circuler en appel d'offres ne permettent pas de répondre. Le nôtre inclus, il y a trois ans.
Pourquoi la plus belle showreel est-elle souvent le pire signal d'achat ?
Parce qu'une showreel est un échantillon sélectionné à la main dans le top 5 % d'une production — et que l'information qui vous intéresse se trouve dans les 95 % restants. Motion, dans son étude Creative Benchmarks 2026 portant sur 1,29 milliard de dollars de dépense Meta, 578 750 créatives et 6 015 comptes annonceurs, observe qu'environ 5 % seulement des créatives testées deviennent des gagnantes : de l'ordre de 4 % sur les petits paliers de dépense, jusqu'à 8 % au niveau entreprise. Une showreel vous montre ces 5 %. Jamais le reste.
Même étude, autre chiffre qui remet les choses à leur place : environ 7,7 % des créatives franchissent le seuil de 10× la performance médiane. Autrement dit, la vidéo qui fait la fortune d'un compte est statistiquement rare, et elle arrive après un paquet d'essais ratés. Un portfolio qui n'assume aucun raté n'est pas un portfolio honnête — c'est un portfolio édité.
Il y a un second problème, plus récent. Depuis 2025, la vidéo générative permet de fabriquer une showreel léchée sans un seul client. On a vu passer, en compétition, des pièces manifestement produites sans commande, présentées comme des campagnes. Le portfolio est devenu structurellement moins fiable qu'en 2022. La contre-mesure est simple : demander la paternité, pas l'esthétique.
Les 5 tells d'un portfolio maquillé (repérables en 10 secondes chacun)
- Le recadrage depuis du 16:9. Regardez les bords : personnages coupés aux épaules, produit décentré, bandes floues en haut et en bas, mouvements de caméra qui sortent du cadre. Un tournage pensé vertical place l'action dans le tiers central et laisse respirer le haut pour le texte.
- Les sous-titres burnés hors safe area. Si le texte passe sous le bouton « J'aime » de TikTok ou derrière la légende Instagram, personne ne l'a jamais vu en diffusion réelle. La pièce n'a pas tourné.
- Les hooks coupés. Dans une showreel, on garde le plan joli et on jette les trois premières secondes parce qu'elles sont « bavardes ». Or les trois premières secondes sont le seul endroit où l'argent se gagne. Un hook absent du portfolio, c'est une agence qui ne sait pas où est la valeur.
- La musique commerciale non licenciée. Un titre chart sur une pub Meta signifie soit un contrat de synchro (rare, cher, vérifiable), soit une pièce organique repeinte en publicité. Demandez la licence.
- Le plan produit éclairé studio dans une vidéo vendue comme UGC. Softbox, fond dégradé, mise au point parfaite : ce n'est pas un créateur chez lui, c'est un plateau. Rien d'illégitime, mais ce n'est pas le même prix ni la même performance.
Un portfolio crédible montre des variantes du même concept, pas douze concepts orphelins.Quels chiffres exiger pour chaque pièce du portfolio, et quels seuils considérer comme bons ?
Quatre métriques par pièce suffisent : hook rate, hold rate, taux de complétion, et un indicateur business (CPA, ROAS ou coût par lead) — accompagnés de la plateforme, de la fenêtre de mesure et du volume d'impressions. Sans ces trois précisions, un chiffre ne veut rien dire.
Le piège que 9 agences sur 10 ne signalent pas : TikTok mesure la lecture à 2 secondes, Meta à 3 secondes (hawky.ai, mars 2026 ; reloop.so, mai 2026). Les hook rates TikTok paraissent donc naturellement plus élevés, sans qu'aucune créative ne soit meilleure. Une agence qui vous annonce « un hook rate de 45 % » sans préciser la plateforme ne maîtrise pas son sujet, ou compte sur le fait que vous ne le savez pas. Posez la question. La réponse est un test d'honnêteté à coût zéro.
Si la définition même du hook et sa mesure exacte vous paraissent floues, prenez cinq minutes sur la définition et la mesure exacte du hook avant d'ouvrir le premier portfolio. Ça change les questions qu'on pose en réunion.
| Métrique | Niveau moyen | Niveau fort | Plateforme / fenêtre | Source, date |
|---|
| Hook rate | 25–40 % | 40 % et plus | Meta à 3 s / TikTok à 2 s (non comparables) | Prooflytics, 30 mai 2026 |
| Hook rate Reels moyen | 28 % | — | Instagram Reels, lectures 3 s | Coinis, 2026 |
| Médianes DTC prospection | ~23 % in-feed, ~30 % Reels, ~27 % Stories | +14 pts en retargeting chaud | Meta, par placement | AdSights 2025, via Sepia Lab, 16 juin 2026 |
| Taux de complétion (VCR) | Meta Reels 15–25 %, Snapchat 20–30 % | TikTok 25–35 %, YouTube TrueView 30–35 % | Par plateforme, vidéo complète | Prooflytics, 30 mai 2026 |
| Taux de gagnantes | ~4 % (petits paliers) | ~8 % (niveau entreprise) | Meta, par compte annonceur | Motion, Creative Benchmarks 2026 |
| Fréquence / saturation | > 3–4 sur froid = fatigue probable | ≥ 5 = saturation forte | Meta, audience froide | Modo25, 4 juin 2026 |
Une nuance qu'on assume, même si elle dessert le pitch : un hook rate élevé n'est pas une preuve de vente. On a livré en 2025 des pièces à 52 % de hook rate sur Meta qui convertissaient moins bien que des vidéos à 31 %. Le hook attire, la suite vend. Quand une agence ne vous montre qu'un hook rate, elle vous montre la moitié du travail. Exigez au minimum le hold rate à 15 secondes ou le coût par achat sur la même fenêtre.
Comment lire le volume d'un portfolio, et pas seulement sa qualité ?
Un portfolio doit prouver une cadence, pas un chef-d'œuvre : si l'agence ne peut pas démontrer qu'elle sort plusieurs créatives par semaine pour un même client, elle ne peut mathématiquement pas vous produire de gagnante fiable. C'est de l'arithmétique, pas une opinion.
Les chiffres de Motion (Creative Benchmarks 2026, relayés par AdLiftr le 27 avril 2026) : l'annonceur médian lance 6 à 7 créatives par semaine ; sur les paliers de dépense supérieurs, on monte à 12–19 et au-delà. Sur le palier « Large », le compte moyen sort environ 11,24 annonces par semaine et obtient de l'ordre de 1,75 gagnante par mois.
Passez ça dans votre tête d'acheteur. Une agence qui vous propose 4 vidéos par mois, avec un taux de gagnantes de 5 %, produit statistiquement 2,4 gagnantes par an. Deux. Sur douze mois. Si votre plan média repose sur un renouvellement créatif mensuel, le contrat est déjà perdu à la signature — indépendamment du talent de l'équipe.
Ce qu'on cherche dans un portfolio, ce n'est pas la meilleure vidéo. C'est la preuve qu'une équipe a tenu 20 semaines d'affilée sur un même compte, avec un log de tests pour le montrer. La régularité est plus rare que le talent, et beaucoup plus prédictive.
Deuxième chiffre à garder en tête : la concentration de la dépense. Toujours selon Motion 2026, la part de dépense Meta absorbée par les créatives gagnantes passe de 23 % sur les micro-comptes à 64 % au niveau entreprise, et environ 6 % des annonces captent la majorité du budget d'un compte. Traduction : vous n'achetez pas de la vidéo au kilo, vous achetez une machine à trouver les 6 %. Le portfolio doit montrer la machine.
Reste la contrainte budgétaire. Tout le monde ne peut pas financer 12 créatives par semaine, et c'est légitime — quel volume mensuel votre budget permet réellement se calcule avant de juger une agence sur sa cadence. Si vous ne pouvez financer que 6 pièces par mois, arrêtez d'exiger des références à 15 pièces par semaine : cherchez plutôt une équipe qui prouve un taux de gagnantes correct sur petit volume, ce qui est un autre métier.
Quelles preuves de traçabilité demander pour savoir si l'agence a vraiment produit ces vidéos ?
Quatre documents règlent la question de la paternité des réalisations en 24 heures : les rushes bruts horodatés d'un projet, le log de tests incluant les créatives perdantes, un export Ads Manager anonymisé au niveau de l'annonce, et un contrat de cession de droits signé avec un créateur UGC. Une agence qui a réellement produit les pièces les sort dans la journée. Elle les a déjà.
1. Les rushes bruts et l'arborescence projet
Demandez l'arborescence d'un dossier de production : rushes, sélects, montages, versions, exports. Avec les noms de fichiers et les dates de création. Un studio qui tourne a des noms de caméra (A001_C003, MVI_, DJI_), des LUTs, des pistes son séparées. Un revendeur qui sous-traite a des fichiers nommés « final_v3_OK.mp4 ». On ne juge pas le talent là-dedans. On juge si quelqu'un a tenu une caméra.
2. Le log de tests, avec les perdantes
La question tueuse, celle qui fait le tri en une réunion : « montrez-moi les 9 vidéos perdantes qui ont accompagné cette gagnante ». Une équipe qui pilote de la créative de performance a un tableau — concept, variante de hook, date de lancement, dépense, résultat, décision (kill, itère, scale). Une équipe qui livre des fichiers n'a rien. Le silence sur cette question vaut plus que trois heures de présentation.
3. L'export Ads Manager au niveau de l'annonce
Pas un slide avec « +340 % de ROAS ». Un export, au niveau ad, avec la vignette de la créative, les impressions, la fréquence, le coût par résultat, sur une période datée. Le nom du client peut être masqué, les valeurs absolues indexées en base 100. Trois formes d'anonymisation sont acceptables et n'altèrent pas la lecture : masquer le nom du compte, indexer les montants, arrondir les volumes. Refuser de montrer la structure des données, en revanche, n'est pas un problème de NDA.
4. La cession de droits
Une vidéo UGC présentée en portfolio sans cession de droits signée est un risque qui se transmet à vous le jour où vous la diffusez. Durée, territoire, supports, exclusivité, droit de modification : cinq lignes à vérifier. Idem pour la musique. On a vu une marque retirer 11 créatives en pleine période de soldes 2024 parce que le créateur avait limité l'usage à 3 mois et que personne ne l'avait lu.
Le portfolio n'est qu'un bloc d'un examen plus large : si vous voulez le cadre complet — process, équipe, reporting, contractuel — il est détaillé dans l'audit complet de l'agence en 100 points. Cet article-ci reste sur la brique « preuves de réalisation ».
Comment vérifier qu'un portfolio survit à la fatigue créative de 2026 ?
Cherchez des familles d'itérations — un même concept décliné en 10 ou 15 variantes de hook — et non douze concepts orphelins présentés côte à côte. La durée de vie d'une créative s'est effondrée : sur Meta, une pièce performante tient en moyenne 7 à 14 jours sur une audience donnée (Systemia, 19 mai 2026), contre 30 à 45 jours deux ans plus tôt selon les observations terrain en D2C (Project Supply, 2026).
La cause est structurelle. La charge publicitaire a augmenté, et Advantage+ concentre la dépense sur les meilleures créatives plus vite que jamais — donc les brûle plus vite (Modo25, 4 juin 2026). Au-delà d'un certain seuil de fréquence, le coût par résultat se dégrade nettement ; l'ampleur exacte dépend du compte et n'est pas chiffrée par Motion. Une agence qui n'a pas intégré ça vous vendra encore un « film de marque décliné en trois formats ». Ça ne tient plus dix jours.
Ce qu'on regarde concrètement dans un portfolio, sur ce critère :
- Le nombre de variantes par concept gagnant. Sur nos propres comptes e-commerce, un concept qui fonctionne est décliné entre 8 et 20 fois (hook, accroche texte, ordre des preuves, longueur, voix off). En dessous de 5, on considère qu'on n'a pas exploité le concept.
- La présence de relances : la même famille remise en ligne 6 semaines plus tard avec un hook neuf, et le résultat comparé.
- Le délai brief → livraison, documenté. Une agence à 5 semaines de délai ne peut pas répondre à une fatigue qui arrive en 10 jours.
- La façon dont l'agence diagnostique la fatigue. Il n'existe aucun « score de fatigue » officiel : elle se lit dans les tendances au niveau de l'annonce — CTR qui baisse, fréquence qui monte, coût par résultat qui se dégrade (Atria, 3 juin 2026). Si on vous parle d'un score propriétaire sans méthode, demandez la méthode.
Ce qu'on ne sait pas, et on préfère le dire : la durée de vie varie énormément selon la taille de l'audience et la verticale. Sur une niche B2B française à 300 000 personnes ciblables, on a vu des créatives s'épuiser en 5 jours. Sur un compte beauté à large audience, certaines pièces ont tenu 9 semaines. Les fourchettes publiées sont des médianes, pas des lois.
Un tournage pensé en 9:16 dès la mise en place : ça se voit dans le cadre, pas dans la showreel.Portfolio, showreel, CV, étude de cas : que regarde-t-on vraiment dans chacun ?
Côté agence, le « CV » correspond aux références et à l'équipe nommée, le portfolio prouve la faisabilité, l'étude de cas prouve la causalité, et le log de tests prouve le process. Ce sont quatre documents différents, avec quatre niveaux de falsifiabilité différents. Les confondre est l'erreur la plus courante en appel d'offres.
La différence entre un CV et un portfolio, pour un décideur : le CV liste des expériences (qui, où, combien de temps), le portfolio montre des productions (quoi, à quoi ça ressemble). Le CV répond « est-ce qu'ils connaissent mon secteur », le portfolio « est-ce qu'ils savent le faire ». Aucun des deux ne répond « est-ce que ça a marché ». Seule l'étude de cas chiffrée et l'export média le font.
| Document | Ce qu'il prouve | Ce qu'il ne prouve pas | Maquillage | La question à poser | Poids /60 |
|---|
| Showreel musicale | Maîtrise du montage, direction artistique | Performance, paternité, cadence | Élevé | « Envoyez les 3 vidéos complètes dont sortent les plans 4, 9 et 12, non recadrées » | 5 |
| Portfolio de 3 à 6 cas | Faisabilité dans votre format et votre vertical | Le résultat média, le rôle exact de l'agence | Moyen | « Qui, nommément, a écrit, tourné et monté cette pièce ? » | 10 |
| Étude de cas chiffrée | Une corrélation entre création et résultat | La causalité, si aucun test n'est décrit | Moyen | « Quelle était la créative de contrôle, et sur quelle période ? » | 10 |
| Log de tests avec les perdantes | Le process d'itération et l'honnêteté | La qualité d'exécution vidéo | Faible | « Montrez-moi les 9 perdantes autour de cette gagnante » | 10 |
| Export Ads Manager (niveau ad) | Le résultat média réel, pièce par pièce | Qui a produit les vidéos | Faible | « Export CSV avec vignettes, fréquence et coût par résultat, valeurs indexées » | 10 |
| Rushes bruts + arborescence | La paternité des réalisations | La performance | Très faible | « Capture de l'arborescence d'un projet, noms et dates de fichiers » | 5 |
| Cession de droits (créateur, musique) | Que vous pouvez diffuser sans risque | La qualité créative | Faible | « Durée, territoire, supports, exclusivité : montrez le contrat type » | 5 |
| Références clients joignables | La tenue dans le temps, la relation de travail | Les chiffres, sauf si le client les donne | Moyen | « Deux clients actifs et un client parti, avec son numéro » | 5 |
La colonne qui compte le plus est la quatrième. Plus un document est facile à maquiller, moins il doit peser dans votre décision. C'est pour ça que la showreel, la pièce la plus travaillée du dossier, pèse 5 points sur 60.
Comment noter un portfolio d'agence vidéo en 90 minutes : la grille sur 60 points
Six blocs de 10 points, une note sur 60, trois seuils de décision : en dessous de 30, on écarte ; entre 30 et 44, on shortliste sous condition de pilote payant ; à 45 et plus, on passe à la négociation. Comptez 90 minutes par agence, dont 30 en visio avec l'équipe créative, pas avec le commercial.
Bloc 1 — Pertinence du portfolio (10 pts)
Même plateforme, même objectif, même type de produit, même panier moyen. 10 points si au moins deux cas cochent les quatre. 5 points si la plateforme et l'objectif correspondent mais pas le secteur. 0 si on vous montre du corporate 16:9 et du drone d'entreprise. Un beau film institutionnel ne prédit rien sur un Reel à 1,80 € de CPA.
Bloc 2 — Format natif 9:16 (10 pts)
Visionnez trois pièces sur votre téléphone, pas sur un écran 27 pouces. Cadrage pensé vertical, safe area respectée, sous-titres lisibles, son mixé pour un haut-parleur de smartphone, hook présent dans la première seconde. Chaque point manquant coûte 2 points. Le test du téléphone élimine environ un tiers des dossiers, d'expérience.
Bloc 3 — Chiffres par pièce (10 pts)
10 points si chaque cas porte hook rate, hold rate, indicateur business, plateforme et fenêtre de mesure. 6 si les chiffres existent mais sans fenêtre. 3 si on ne vous donne que des vues et de l'engagement. 0 si le portfolio ne contient aucun chiffre média. Et retirez 3 points à toute agence qui annonce un hook rate sans préciser la plateforme.
Bloc 4 — Volume et cadence (10 pts)
Nombre de créatives livrées par mois sur le plus gros compte du portfolio, nombre de semaines consécutives, taux de gagnantes revendiqué. 10 points au-delà de 20 pièces par mois documentées avec une continuité de 6 mois. 5 points entre 8 et 20. 0 en dessous de 6, sauf si votre besoin réel est inférieur.
Bloc 5 — Traçabilité (10 pts)
2,5 points par document fourni en 24 heures parmi les quatre de la section précédente. Ce bloc est le plus discriminant et le plus rapide à administrer : un e-mail, une échéance, on compte. Les agences sérieuses répondent en une demi-journée, parce que les documents existent déjà dans leur Drive.
Bloc 6 — Itération et résistance à la fatigue (10 pts)
Familles d'itérations visibles, nombre de variantes par concept, délai brief-livraison documenté, méthode de diagnostic de la fatigue. 10 points si l'agence montre un concept décliné 10 fois avec les résultats comparés. 0 si le portfolio est une collection de one-shots.
Et si aucune agence n'a de cas dans votre secteur ?
Ça arrive souvent, et plus souvent qu'on ne l'admet sur les verticales de niche (matériel médical, B2B industriel, services financiers réglementés). Deux options. Soit vous choisissez sur les blocs 2 à 6 en acceptant un bloc 1 à 0, ce qui est défendable : la mécanique du vertical se transpose mieux que l'expertise sectorielle. Soit vous lancez un pilote payant — 6 à 10 créatives, budget média réel, 3 semaines, deux agences en parallèle. Ça coûte plus cher qu'un brief comparatif. Ça coûte beaucoup moins cher qu'un contrat annuel raté.
Position tranchée, qu'on assume : un pilote payant vaut mieux qu'un portfolio parfait. On a perdu des appels d'offres face à des agences au dossier plus séduisant, et on en a gagné en proposant de payer nous-mêmes la moitié du pilote. Trois semaines de production réelle révèlent le délai de réponse, la qualité du brief inverse, la gestion des retours et la capacité à itérer — quatre choses qu'aucun PDF ne montre.
Une fois la note posée et l'agence shortlistée, l'entretien se prépare : les 12 questions à poser une fois le portfolio validé couvrent l'équipe, le process et le contractuel. Et quand le devis arrive, les pièges changent de nature : ils sont listés dans les signaux d'alerte côté devis, une fois le portfolio passé.
Ce que cette grille change dans une compétition d'agences
Elle déplace la conversation de la séduction vers la preuve, et ça se voit dès le premier e-mail. Une demande écrite qui mentionne « log de tests avec les créatives perdantes » et « export au niveau ad, valeurs indexées » trie les dossiers avant même la réunion. Certaines agences ne répondent plus. Tant mieux.
Un dernier point, et il vaut d'être dit par un studio : cette grille nous met aussi en difficulté. Il y a des projets où le client ne nous transmet jamais ses données Ads Manager, donc où nous n'avons rien à montrer au bloc 3, quelle que soit la qualité du travail. Quand une agence vous répond « nous n'avons pas les chiffres sur ce cas parce que le client gérait le média en interne et ne les partageait pas », ce n'est pas une esquive. C'est le quotidien du métier. Ce qui compte, c'est qu'elle ait au moins deux ou trois cas où elle les a.
Et si vous ne retenez qu'une chose à faire lundi matin : ouvrez le portfolio le plus impressionnant de votre short-list sur votre téléphone, coupez le son, et regardez la première seconde de trois vidéos. Vous saurez en trente secondes si quelqu'un a réfléchi au vertical, ou si on vous a vendu du 16:9 redimensionné.
Questions fréquentes
- Combien de projets un portfolio d'agence vidéo doit-il contenir ?
- Trois à six cas profonds battent quarante vignettes. La seule métrique qui compte est la densité de preuve par cas : format natif, chiffres média datés, rôle exact de l'agence, variantes du concept, droits. Un portfolio de 40 pièces sans un seul chiffre média vaut moins qu'un dossier de trois cas avec exports Ads Manager au niveau de l'annonce.
- Un portfolio « joli » est-il un bon portfolio ?
- La direction artistique se juge en 30 secondes, la performance en 30 jours. Un portfolio esthétique prouve la maîtrise du montage, rien de plus. Selon Motion (Creative Benchmarks 2026), environ 5 % des créatives testées deviennent gagnantes : une belle showreel montre ces 5 %, jamais le processus qui les a produites. Cherchez la cadence et le log de tests.
- Quelle est la différence entre un CV, un portfolio et une étude de cas ?
- Le CV liste des expériences et répond « connaissent-ils mon secteur ». Le portfolio montre des productions et répond « savent-ils le faire ». L'étude de cas chiffrée répond « est-ce que ça a marché », avec créative de contrôle et période de mesure. Côté agence, ajoutez le log de tests : c'est lui qui prouve le process d'itération.
- Que faire si l'agence refuse de donner des chiffres pour cause de NDA ?
- Trois formes d'anonymisation restent acceptables et suffisent : masquer le nom du compte, indexer les montants en base 100, arrondir les volumes d'impressions. La structure des données — vignette de la créative, fréquence, coût par résultat, période — n'est pas couverte par un NDA. Un refus de montrer la structure elle-même n'est pas un problème juridique.
- Un portfolio 16:9 recadré en 9:16, c'est grave ?
- Oui, et ça se repère en dix secondes : personnages coupés aux épaules, produit décentré, bandes floues en haut et en bas, mouvements de caméra qui sortent du cadre, sous-titres placés sous les boutons d'interface. Un tournage pensé vertical place l'action dans le tiers central et laisse le haut libre pour le texte. Visionnez toujours sur téléphone.
- Peut-on évaluer un portfolio d'agence UGC comme un portfolio de studio ?
- Non. Sur un portfolio UGC, on juge le casting, la diversité des profils, la qualité du brief et surtout la cession de droits signée. Sur un studio, on juge le tournage, la lumière, le son et le montage. Un plan produit éclairé en softbox dans une pièce vendue comme UGC signale un plateau déguisé : ni le même prix, ni la même performance.
Faites-nous passer votre propre grille sur 60 points
Vous savez maintenant quoi exiger d'un portfolio : chiffres par pièce, cadence hebdomadaire, log de tests avec les perdantes. Esekai est un studio de vidéo verticale — creative ads, UGC et contenu organique pour TikTok, Reels et Shorts, avec un Creative Strategist dédié, tournage et montage internes, et des itérations en quelques jours. Pas une agence 360. Trente minutes en visio : formats, budget, plan d'action. Aucune présentation d'agence.
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